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Démarche artistique

EMPREINTES, SILLONS ET TROUS SONT TRÈS PRÉSENTS DANS MON TRAVAIL, CONSTITUANT UN VOCABULAIRE PLASTIQUE QUI TRADUIT LE PASSAGE DU TEMPS. LES SURFACES TEXTURÉES ET AJOURÉES S’APPARENTENT À UNE PEAU OU UNE ÉCORCE DONT LA FIBRE LAISSERAIT PERCEVOIR UNE HISTOIRE À LA FOIS INTIME ET UNIVERSELLE : CELLE DE LA TRANSFORMATION INÉLUCTABLE DE LA MATIÈRE ET DU CORPS.

 

Fascinée par les jeux d’échelle, j’explore la représentation de l’être vivant et plus particulièrement  celle de l’être humain  à travers différentes lentilles. Je m’approche ou je m’éloigne du sujet jusqu’à confondre l’infiniment proche et l’infiniment lointain. Certaines de mes œuvres évoquent le niveau microscopique de la cellule, d’autres se situent au niveau de l’individu social, d’autres encore se déploient sur des plans plus éloignés, ceux du groupe ou de l’espèce biologique. Cette échelle relative permet tour à tour de voir le corps comme une immense planète abritant d’autres systèmes et organismes vivants ou de le ramener à une infime partie d’un tout beaucoup plus grand. Ainsi, le corps est vu tantôt comme un paysage, tantôt comme faisant partie du paysage. Les éternelles interrogations sur l’origine, la nature et la finalité de la vie sont omniprésentes à travers cette distorsion de l’échelle.

Intimement liée à ces préoccupations, la finitude du corps vivant  est également une thématique récurrente dans ma pratique sculpturale. Le corps est vu comme une matière participant au cycle éternel de recommencement, en symbiose avec la nature et transmutable à l’infini.

Mes œuvres ont des affinités avec l’art dit primitif. Comme beaucoup de sculpteurs du XXème siècle, je suis séduite par l’art archaïque, d’abord pour son propos qui traite principalement de la place de l’homme dans l’univers, mais aussi pour son authenticité.

 

LE MEDIUM

Le choix de travailler l’argile n’est pas anodin dans ma démarche. Par l’utilisation de ce matériau je revendique une filiation avec un art millénaire. Mais plus encore, matière première du vivant, l’argile porte en elle la notion-même de création, de transformation et de recommencement. J’en fais donc une utilisation sémantique. L’argile n’est-elle pas évoquée par les scientifiques comme composante fondamentale de la soupe primitive qui est à l’origine de la vie sur terre?